Detachment, un film de Tony Kaye
Henry Barthes (Adrien Brody), professeur de littérature, remplaçant prend ses fonctions dans un lycée sinistré. Le spectateur découvre les lieux en même temps que le jeune remplaçant.
Plus qu'une institution en crise, c'est un système éducatif en faillite, un chaos abandonné de tous, qui est décrit. Enseignants au bord de la crise de nerfs, parents absents, élèves ultra-violents... Detach(-)ment, c'est l'indifférence en anglais...
Un air de piano, mélancolique accompagne le film qui mêle plusieurs niveaux de narration, commentaires rétrospectifs de Barthes face caméra, souvenirs de celui-ci enfant, période de remplacement, séquences en images d'animation représentant les états d'âme des personnages.
L'école est devenue un champ de ruines, hanté par des professeurs et des élèves désespérés à l'image de la sinistre maison Usher d'Edgar Allan Poe, que Barthes lit à ses élèves.
Le film est rythmé par des scènes de "pétages de plombs" où toute la colère contenue explose violemment dont une séquence d'anthologie qui oppose la conseillère pédagogique (Lucy Liu à contre emploi) à une élève.
Certains travellings avant dans les couloirs déserts bordés de casiers rouge vif ne sont pas sans rappeler l'Elephant de Gus van Sant. Ce procédé peut également faire penser à Shining, Detachment partage avec le premier film la peinture sociale de lycéens américains en crise et avec le deuxième une tension psychologique non plus dans l'enceinte d'un hôtel mais entre les murs (sans mauvais jeu de mots) d'un lycée.
A voir absolument....

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