Le personnage principal de ce roman, Gilles Saurat est, après de brillantes études, affecté en qualité de professeur stagiaire dans un collège. Le roman s'ouvre sur son long trajet en train qui le mène vers l'obscure et inquiétante ville de Logres, où il devra enseigner.
Le jour de la pré-rentrée, il découvre qu'en tant que nouvel arrivé, on lui a réservé les classes les plus difficiles. Le même jour, il entendra le discours du principal, prononcé dans un jargon pédago-bureaucratique absurde enrobé de langue de bois. Un passage jubilatoire, particulièrement réussi dans le livre.
Le héros devra lutter des mois durant face à une administration sclérosée et kafkaïenne pour obtenir le versements de ses salaires.
Cette année scolaire sera pour Gilles Saurat un long cauchemar, une descente aux enfers. Il endurera les humiliations de ses élèves avant de bénéficier d'un très long congé maladie accordé par un ami gynécologue.
La ville de Logres est un lieu apocalyptique habité au mieux par des abrutis, au pire, par des brutes épaisses semant la panique dans la cité.
L'espace est dominé par les centres commerciaux.
Comme toute ville de province, Logres a ses notables, ceux-ci sont rongés par toutes formes de vices (avarice, perversions).
Festins secrets est un roman pessimiste, faisant songer à Kafka. Ce récit dresse un portrait sombre du système éducatif français et de la jeunesse. La société décrite est dominée par un consumérisme boulimique et abrutissant. Nulle trace d'humanité, quelles que soient les couches sociales décrites. Les élèves forment une masse violente, et réfractaire à la culture et l'enseignement.
J'ai trouvé ce roman très fort et malheureusement juste dans sa noirceur. Cependant, certains passages sont dérangeants notamment ceux qui dépeignent les familles d'immigrés arabes comme organisées autour d'une figure masculine (le fils) objet de la vénération sans limite de leurs mères soumises et opprimées en tant que femmes. Ces jeunes garçons sont alors caricaturés en figures du mal, menant une espèce de jihad sur le sol français. Bien que ce récit reflète le point de vue d'un personnage fictif et qui plus est mentalement perturbé, il n'en demeure pas moins qu'ils produisent une gêne chez le lecteur de ce roman qui par ailleurs est rédigé avec talent, dans un style novateur.

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