
American Dreamz est une comédie déjantée qui raconte comment le président des États-Unis va participer à la finale d'une émission télévisée éponyme du style de La Recherche de la Nouvelle Star. Le film, sorti en 2006, au milieu du second mandat de Bush, se veut un reflet de l'époque: vogue des émissions de télé réalité faisant appel à des écervelés rêvant de célébrité, sur fond de croisades contre le terrorisme menée par l'administration Bush...Ces thèmes graves sont tournés en dérision.
Rire des terroristes...
On assiste au tournage farcesque d'un film sur les camps d'entraînement en Afghanistan. L'un des apprentis terroristes enchaîne les gaffes et gâche toutes les scènes. Il s'agit d'Omer, un jeune Irakien qui est entré dans le terrorisme après avoir perdu sa mère dans des bombardements américains. La nuit venue, dans sa tente, il gesticule de façon grotesque au son des standards de Broadway. Ce jeune homme n'est pas habité par le Jihad mais par le rêve américain, celui des airs de music hall... Rire de la télé poubelle...
Le film s'ouvre sur des chiffres, ceux que découvre Martin Tweed alias Hugh Grant, présentateur d'American Dreamz. Des chiffres montrant les audiences record de l'émission. Pour la nouvelle saison, l'objectif de Tweed est de se maintenir aux sommets. Pour cela, il faut aller encore plus loin dans la bêtise. Pour donner du piquant à son émission, il ordonne à ses collaborateurs de recruter notamment une espèce de nouvelle Britney Spears, séduisante jeune fille issue d'un milieu défavorisé, un juif et un arabe...La manipulation sous toutes ses formes
Le thème de la manipulation est décliné sous toutes ses formes dans le film. Manipulation au sommet de l'État, puisque le président des États-Unis, joué par Dennis Quaid, est un être ignare, marionnette aux mains des membres de son administration et notamment du vice-président Sutter incarné par un Willem Dafoe méconnaissable. La manipulation est également celle des terroristes qui enrôlent dans leurs camps d'entraînement des jeunes garçons comme Omer et leur font miroiter des jours heureux après la mort, au paradis.
C'est enfin celle de l'équipe de Martin Tweedy, qui utilise des individus à des fins d'audience. Le reality show est tout sauf la réalité, puisque c'est le règne de la mise en scène orchestrée notamment par l'agent de Sally Kendoo, jeune fille sélectionnée au titre de pseudo Britney Spears.
Effets de miroir : Lorsque deux cyniques se rencontrent
Certains personnages d'American Dreamz forment des doublons. C'est le cas de Tweed et Sally Kendoo. Les deux sont issus de milieu modestes. Les deux sont prêts à tous les sacrifices pour devenir célèbres et réussir. Le film voit ainsi se succéder deux scènes de rupture, parallèles. La première constitue l'ouverture du film, Tweed rompt cruellement avec sa petite amie. Par la suite, ce sera au tour de Sally d'éconduire le dévoué William Williams (Chris Klein). Tweed sera très vite attiré par Sally, cette jeune femme qui lui ressemble tant. Les deux êtres vont vivre une brève idylle. La fin du film que je me garderais bien de dévoiler parachèvera l'idée que ses deux personnages n'en sont qu'un.Lorsque trois marionnettes se rencontrent
De la même façon, il est possible d'associer trois victimes collatérales de la manipulation, ces trois personnages vont se rencontrer le soir de la finale d'American Dreamz. Le premier s'appelle

William Williams. Après sa rupture, il s'est enrôlé en Irak dans un conflit qui le dépasse, pour être aussitôt de retour après avoir reçu une balle dans le bras, à l'endroit même où il s'était fait tatouer le visage de sa bien-aimée.Il ne sera pas au bout de ses peines puique sa petite amie l'utilisera pour s'attirer les faveurs des téléspectateurs d'American Dreamz. Il sera donc doublement manipulé, ses faibles capacités intellectuelles aidant.Le deuxième pantin, pas beaucoup plus intelligent n'est autre que le président des États-Unis, invité vedette du show télévisé.
Enfin la troisième marionnette est Omer, finaliste avec Sally de l'émission.
Deux objets symbolisent cette manipulation, l'oreillette, dont le président ne fait que répéter les propos, et la ceinture d'explosifs que les terroristes ont fait revêtir de force à Omer...
Quelle sera l'issue de ces rencontres du troisième type? Vous saurez tout en regardant cette comédie décalée, qui vaut le détour !

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