lundi 24 janvier 2011

The White Countess, un film de James Ivory

A Shangaï, avant la seconde guerre mondiale, vivent un ancien diplomate de la Société des Nations, aveugle, Jackson, joué par Ralph Fiennes, et une aristocrate, la comtesse Sofia Belinskya (Natasha Richardson), ayant fui son pays après la révolution russe.
Les destinées tragiques de ces personnages sont marquée par les drames du XXe siècle. Sofia a perdu son mari, ses biens, son prestige et est contrainte de vivre loin de sa patrie dans la pauvreté. Pour subvenir aux besoins de sa famille, elle travaille comme hôtesse dans une boîte de nuit de la métropole chinoise.
Jackson a perdu sa fille dans un attentat, qui l'a rendu aveugle.

Entre destinée et hasard

La cessité de Jackson n'est pas sans évoquer la figure d'Oedipe et vient enrichir le motif de la tragédie qui parcourt le film.
Lors d'une soirée en boîte de nuit, Jackson fait par hasard, la connaissance d'un mystérieux japonais, Matsuda. Les deux noctambules échangent leurs conceptions sur les établissements nocturnes et se découvrent des affinités. Jackson confie à Matsuda son désir d'ouvrir le bar de ses rêves.
Tout comme avec Matsuda, Jackson rencontre Sofia Belinskia par une série de circonstances hasardeuses.
C'est enfin par un coup de chance inouï, que Jackson gagne une somme phénoménale aux courses, lui permettant de réaliser son rêve, ouvrir son bar à Shangaï.

Le bar de ses rêves

Sans rien connaître de son apparence, Jackson sait que Sofia est la femme idéale pour incarner l'esprit des lieux. Il demande alors à l'hôtesse de venir travailler dans son bar. Celui-ci est nommé "The White Countess". Jackson a consciencieusement choisi les artistes, musiciens et hôtesses travaillant dans son bar. Le lieu se veut distingué et fonctionne comme une projection du monde intérieur de Jackson. Ce dernier se retirant du monde extérieur pour trouver refuge dans sa boîte de nuit, reflet de toutes ses aspirations. Jackson a été la victime de son destin. Il devient le maître du jeu, dans la "White Countess", à la façon d'un metteur en scène dirigeant les acteurs, les musiciens et les décors. Les lieux ont quelque chose d'artificiel qui renvoie au domaine du théâtre. Ainsi, pour apporter une tension dramatique à l'ambiance du bar, Jackson décide d'y inviter des groupes appartenant à des bords politiques antagonistes. Matsuda lui propose son aide pour attirer une clientèle politisée. Le monde réel va alors faire irruption dans l'univers clos de Jackson.

Rêve et réalité

 Le film de James Ivory instaure une tension entre l'artifice et le réel. Ainsi, l'image de la ville de Shangaï oscille entre des décors en carton pâte rappelant l'âge d'or des studios hollywoodiens alors que d'autres scènes extérieures sont particulièrement réalistes.





   

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