
A la suite du crash de leur avion dans une île déserte, des enfants vont être livrés à eux-mêmes et devront organiser leur survie sans les adultes. Parmi ces garçons, quelques figures charismatiques émergent. Ralph, un beau collégien de douze ans, raisonnable et réfléchi. Jack, chef d'une maîtrise, laid, agressif, tyrannique, dominé par ses instincts. Le roman est construit autour de ces deux figures antagonistes.
La raison contre la barbarie
Le récit montre la montée des tensions entre ces deux figures. Ralph, conseillé par le sage Porcinet, préconise une organisation rationnelle des activités : entretien de feux pour favoriser un sauvetage et construction de cabanes.
Jack est très vite fasciné par la chasse. Il prend plaisir à tuer des cochons sauvages, aidé des anciens membres de la maîtrise, dont il est le chef. Il obéit à ses instincts et pulsions, se peignant le corps et sacrifiant des abats à d'obscures divinités.
A la fin du récit, l'affrontement entre les deux groupes, celui des sauvages et celui des civilisés deviendra meurtrier. Jack ira jusqu'à organiser "une chasse à l'homme" dans l'île afin d'éliminer Ralph.
La montée progressive de la peur
Sans la présence rassurante d'adultes, les enfants vont très vite se laisser gagner par la peur. Il est d'abord question d'un serpent apparaissant à la faveur de l'obscurité. La terreur se propage dans le groupe, les enfants parlent de bêtes, monstres, choses noires. Plus tard,des frères jumeaux aperçoivent le cadavre d'un parachutiste qui s'était échoué dans l'île. Pris de panique, les garçons fuient et décrivent aux autres un monstre chimérique. Les garçons croient d'abord en l'existence d'un monstre marin, puis l'hypothèse d'un monstre des airs fait son apparition. Les enfants sont en proie à une hystérie collective.
La bête immonde
Les membres du groupe de Jack cèdent à la superstition. Ils réservent des abats en offrande au monstre pour apaiser sa colère. L'un des garçons, Simon, observe une tête de cochon sur un pieu, offerte à la divinité. Des mouches bourdonnent autour de la gueule sanglante. Simon entend alors le cochon lui parler. Elle lui explique que le monstre les habite tous. Ce roman dresse un portrait sombre de l'homme à l'état de nature. Les enfants, censés représenter l'innocence se comportent de façon cruelle et violente. Les masses sont soumises à des meneurs et obéissent à la loi du plus fort. La raison s'incline devant les peurs superstitieuses du groupe. Chaque enfant est un monstre en puissance. Nulle bête dans les airs, sur terre ou dans la mer. Le mal est en chaque rescapé. Il s'épanouit loin de toute société organisée, à l'état de nature.
William Golding développe donc une vision pessimiste de l'homme. Le titre "Sa Majesté des mouches" fait référence à un passage dans lequel la tête de cochon se désignait ainsi. Mais cette expression est surtout la traduction du nom hébreu "Belzébuth". Ainsi, "Sa Majesté des mouches" désigne le mal qui hante l'homme.
L'un des chapitres du livre s'intitule "Le Monstre marin". Le lecteur pense alors au leviathan, monstre biblique mais également au titre de l'essai de Thomas Hobbes. Philosophe défendant l'idée qu'à l'état de nature et en dehors du cadre de la civilisation, l'homme sombre dans le chaos, et la violence. L'"homme serait un loup pour l'homme".
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